6 janvier 2026
Lignes anti-impérialistes

Contre l’impérialisme US. Pour le Venezuela

(versión en español a continuación)

« Ils nous ont pris tout notre pétrole il n’y a pas si longtemps. Et nous voulons le récupérer.»
(Déclaration de D. Trump, le 16 décembre)
L’agression qui a eu lieu la nuit du 2 janvier contre le peuple du Venezuela et son gouvernement s’inscrit dans la suite des comportements prédateurs des États-Unis qui cherchent à maintenir sous leur emprise les peuples d’Amérique latine.
L’ingérence étasunienne vise de façon systématique à empêcher l’émergence d’un modèle de développement autonome dans la région.
On retrouve ainsi une longue série de coups d’État, dont le plus célèbre est celui de Pinochet en 1973 contre le gouvernement socialiste élu, mais aussi des interventions militaires, comme la tentative d’invasion de Cuba en 1961 mise en échec par la résistance.
Ces interventions militaires sont parfois accompagnées d’enlèvements de dirigeants : Noriega en 1989 au Panama, Aristide en 2004 en Haïti, et Maduro aujourd’hui. Le cas du Venezuela n’est donc pas isolé.
En 1998, les vénézuéliens choisissent Hugo Chavez pour président.
Chavez est élu sur un programme de nationalisation des hydrocarbures, de réforme agraire, d’approfondissement de la démocratie et d’intégration régionale vers une unification des pays latinoaméricains.
En 2002, dans un contexte de manifestations appelées par l’opposition contre le renvoi des dirigeants de l’entreprise pétrolière nationale, des généraux arrêtent Chavez et le représentant du syndicat patronal est proclamé “président par interim” dans la foulée.
La résistance populaire parviendra à reprendre le palais présidentiel, à libérer Chavez et mettre en échec le putsch. Elle reste un exemple de résistance à l’impérialisme.
L’exploitation de pétrole, nationalisée depuis 1976, a cependant été ouverte à la concurrence étrangère (principalement nord-américaine) dans les années 1990. C’est la remise en cause de ce système par Chavez qui lui attire l’hostilité des USA, et dont Trump estime qu’il s’agit d’un vol de “son” pétrole. La “guerre contre la drogue” est évidemment un prétexte déjà plusieurs fois utilisé sur ce continent.
Une hypocrisie manifeste à l’heure ou le principal allié des USA sur le continent, Javier Milei, se lance dans une réforme du système bancaire qui favorisera le blanchiment d’argent du narcotrafic en abandonnant le contrôle sur les dépôts en liquide.
Après l’échec du putsch soutenu par les USA, les impérialistes utilisent l’arme des sanctions contre l’exportation du pétrole (qui représente environ ¾ des exportations du pays). Elle plonge le pays dans une profonde crise économique à partir des années 2010.
Elle a largement participé à une transformation du régime en provoquant l’expansion du marché noir et de la corruption mais aussi des troubles politiques et sociaux. Autant de contradictions que le régime sous embargo n’a pas su résoudre sans renforcer son caractère coercitif.
Ces échecs dans la construction du socialisme – ou même simplement du développement du Vénézuela, sont utilisés aujourd’hui par ses détracteurs au sein de la gauche occidentale pour renvoyer dos à dos les agresseurs US et le régime de Maduro.
Cette position fait l’impasse sur une analyse matérialiste des ratés de la révolution après la mort de Chavez : c’est l’isolement du Vénézuela et l’embargo qui sont les causes premières de la hausse des inégalités et de la corruption dans le pays.
Ce sont les tentatives de renversement et l’ingérence au sein de l’opposition qui sont chronologiquement premières et qui expliquent le renforcement du caractère autoritaire d’un régime.
C’est son économie rentière sans industrie et ce sont les échanges inégaux imposés au Venezuela, puis les sanctions économiques, qui le maintiennent en état de sous-développement quel que soit le gouvernement en place. Faire ce constat, ce n’est pas excuser les fautes du régime, mais faire preuve de lucidité.
Qui veut la démocratie, le développement humain et, a fortiori, la construction du socialisme au Venezuela doit lutter contre la prédation impérialiste. C’est pourquoi nous faisons le choix du soutien clair au Venezuela dans la guerre que lui mènent les États-Unis.

Por Venezula y contra el imperialismo yankee

« Nos quitaron todo nuestro petróleo no hace tanto, y lo queremos de vuelta ».
(Declaración de D. Trump, 16 de diciembre de 2015)

El ataque contra el pueblo venezolano y su gobierno, en la noche del 2 al 3 de enero, se inscribe en la larga lista de prácticas depredadoras de los Estados Unidos para mantener bajo su control a los pueblos latinoamericanos.

La injerencia estadounidense busca de manera sistemática impedir el surgimiento de un modelo de desarrollo autónomo en la región.

Nos encontramos así frente a una larga serie de golpes de Estado, siendo el más famoso el de Pinochet en 1973 contra el gobierno socialista elegido democráticamente, así como el intento de invasión de Cuba en 1961, derrotado por la resistencia.

Las intervenciones militares estuvieron a veces acompañadas del secuestro de dirigentes: Noriega en 1989 en Panamá, Aristide en 2004 en Haití, y hoy en día Maduro. Venezuela no es entonces un caso aislado.

En 1998, lxs venezolanxs escogieron como presidente a Hugo Chávez. Chávez fue elegido con un programa de nacionalización de los hidrocarburos, de reforma agraria, de desarrollo de la democracia y de integración regional hacia una unificación de los países latinoamericanos.

En 2002, en un contexto de manifestaciones convocadas por la oposición contra el despido de los dirigentes de la empresa petrolera nacional, ciertos generales del ejército arrestan a Chávez, y el representante del sindicato patronal es rápidamente proclamado « presidente interino ».

La resistencia popular logrará tomar el palacio de gobierno, liberar a Chávez y derrotar el golpe de Estado, lo que constituye hasta hoy un ejemplo de resistencia al imperialismo.

La explotación petrolera, nacionalizada desde 1976, se abrió sin embargo a la competencia extranjera (principalmente norteamericana) en los años 1990. La puesta en tela de juicio de este sistema por Chávez es lo que despierta la hostilidad de los Estados Unidos y lo que Trump considera como un robo de « su » petróleo. La « guerra contra la droga » es obviamente un pretexto usado ya varias veces en el continente.

Una hipocresía evidente cuando el principal aliado actual de los Estados Unidos en Latinoamérica, Javier Milei, acaba de lanzar una reforma del sistema bancario que, al abandonar el control de los depósitos de dinero en efectivo, favorece el lavado de dinero del narcotráfico.

Tras el fracaso del golpe apoyado por los Estados Unidos, los imperialistas recurren a las sanciones contra la exportación de petróleo (que representa aproximadamente tres cuartas partes de las exportaciones del país). Estas sanciones hunden al país en una profunda crisis económica a partir de los años 2010.

Las sanciones han contribuido ampliamente a una transformación del régimen, provocando la expansión del mercado negro y de la corrupción, así como conflictos políticos y sociales. Un conjunto de contradicciones que el régimen bajo embargo no ha sabido resolver sin reforzar su carácter coercitivo.

Estos fracasos en la construcción del socialismo —o incluso simplemente en el desarrollo de Venezuela— son utilizados hoy por sus detractores dentro de la izquierda occidental para poner en el mismo plano a los agresores estadounidenses y al régimen de Maduro.

Esta posición pasa por alto un análisis materialista de los fracasos de la revolución tras la muerte de Chávez: el aislamiento y el embargo de Venezuela constituyen las causas principales del aumento de las desigualdades y de la corrupción en el país.

Los intentos de derrocamiento y de injerencia extranjera en el seno de la oposición son cronológicamente anteriores y explican el fortalecimiento del carácter autoritario del régimen.

La economía rentista y sin industria, y el intercambio desigual impuesto a Venezuela, seguido por las sanciones económicas, son lo que mantiene al país en estado de subdesarrollo, sea cual sea el gobierno que esté al mando.
Constatar esto no significa justificar las faltas del régimen, sino mostrar lucidez frente a los hechos.

Quien quiera democracia, desarrollo humano y, con mayor razón, la construcción del socialismo en Venezuela debe luchar contra el depredador imperialista. Por ello decidimos apoyar de manera clara a Venezuela frente a la guerra que le declaran los Estados Unidos.